Benjamin Morel est constitutionnaliste, docteur en sciences politiques à l’ENS Paris-Saclay et maître de conférences en droit public à l’université Paris-Panthéon-Assas. Ses deux derniers essais, publiés en mars : Nos communes, un avenir civique à réinventer (144 pages, 15 €, éditions Terre À Terres, pour l’Institut Terram) et Crise politique, crise de régime (176 pages, 18,90 €, Odile Jacob).
Les résultats des municipales auront-ils un effet sur la présidentielle ?
C’est décorrélé. Si gagner les municipales permettait de gagner la présidentielle suivante, Lionel Jospin aurait été élu président de la République en 2002 et Yannick Jadot en 2022. Plus que les résultats, c’est le récit politique que chaque parti construit autour de cette élection qui peut jouer. Autant celui d’Édouard Philippe, par exemple, vainqueur du Havre, est porteur, autant celui de la gauche est désastreux…
Quels grands enseignements tirez-vous des deux tours de scrutin ?
Trois choses m’ont marqué : le niveau d’abstention, la difficulté à composer des listes et le faible traitement de la campagne par les médias nationaux. Ils n’ont commencé à parler des municipales qu’entre les deux tours, alors que plus de 95 % des maires étaient déjà élus.
Pour beaucoup de jeunes, Téhéran est plus proche que Clermont-Ferrand.— Benjamin Morel.
La guerre au Moyen-Orient a « écrasé » l’actualité locale ?
En partie, oui, mais c’est la deuxième fois de suite que la campagne des municipales est escamotée. Par le Covid en 2020, par l’Iran en 2026. Nombre de citoyens ont plus entendu parler du Moyen-Orient que de leur commune, et donc de leur quotidien, au cours de cette séquence. Pour beaucoup de jeunes, Téhéran est plus proche que Clermont-Ferrand.
Cela a eu un impact sur le vote des jeunes ?
Pas seulement les jeunes. Je parle d’eux parce qu’ils se sont massivement abstenus, mais la démobilisation générale…
Auteur: Claude Morizur

