« De la manipulation », pour Marine Le Pen. « Des salissures », renchérit le député Rassemblement national (RN) Jean-Philippe Tanguy. Face aux écrits antisémites de Jordan Bardella, authentifiés et révélés fin septembre par Mediapart, l’état-major du parti nie en bloc. Quelques semaines plus tôt, devant les vidéos de Midi Libre montrant les propos racistes d’un policier municipal de Carcassonne et membre du service d’ordre du RN, la direction du parti bottait déjà en touche. « On a 150 000 adhérents, vous ne savez pas la vie, l’œuvre, les propos des uns ou des autres », répondait son porte-parole André Kotarac.
À ces déclarations, nous opposons des faits. Les cas de racisme et d’antisémitisme parmi les dirigeants, cadres, collaborateurs et élus du RN ont été documentés par de nombreux médias (Libération, Mediapart, Les Jours, StreetPress, l’Humanité). Nous avons réalisé une synthèse inédite de ces cas, répertoriés dans une seule base de données qui sera mise à jour autant que nécessaire dans les mois qui viennent.
Le résultat est effarant. Sur les 230 cadres et parlementaires du RN, 127 sont pointés du doigt (57%) pour des propos ou des actes racistes ou antisémites, pour des liens avec des organisations, personnalités ou comptes en ligne épinglés pour les mêmes raisons, ou pour l’embauche de proches collaborateurs eux-mêmes concernés (Notre méthodologie est détaillée en bas de l’article.) Ces personnes décident de la stratégie du RN et/ou votent les lois à l’Assemblée nationale, au Sénat ou au Parlement européen.
Le degré de gravité de chaque fait est bien sûr variable. Être membre actif d’un groupe Facebook noyé de contenus racistes n’est pas comparable avec le fait d’avoir d’avoir été filmé en faisant des saluts nazis ou d’avoir été condamné à de la prison ferme pour violences avec arme contre des personnes qui disent avoir été…
Auteur: Thibaut Schepman
