Face à l’offensive raciste qui se déploie en France depuis plusieurs années, l’attitude des forces de gauche est variable. En parler ou l’occulter ? Préférer le silence voire tenir des discours hostiles à l’immigration (comme F. Ruffin récemment) pour séduire l’électorat du RN ou tenté par le RN ? Donner la priorité à d’autres enjeux mais effacer ainsi une dimension centrale du dispositif réactionnaire contemporain ?
La principale force électorale de gauche, la France Insoumise, a fait un autre choix, notamment depuis 2019 : celui de dénoncer le racisme et de lui opposer systématiquement un contre-discours. Dans la période plus récente, notamment aux dernières élections municipales, elle a aussi fait davantage de place à des militant·es issu·es de l’immigration postcoloniale. En témoignent notamment les victoires d’Aly Diouara, de Bally Bagayoko ou encore d’Abdelkader Lahmar respectivement à la Courneuve, à Saint-Denis et à Vaulx-en-Velin, entre autres. Les attaques dont ces élu·es ont été victimes portent la trace à la fois d’un racisme violent et fortement ancré dans le champ politique français, et de l’hostilité féroce face au fait que des personnes racisé·es portent une voix de gauche, de rupture et antiraciste, sans s’excuser de ce qu’elles sont.
Pour la France Insoumise, ces élu·es incarnent une « Nouvelle France », une notion régulièrement utilisée par ses porte-parole, et en particulier par Jean-Luc Mélenchon, et qui fait hurler tous les réactionnaires. Doit-on considérer cette notion comme un simple outil de communication politique, face aux tenants d’une France qu’on voudrait figer dans le temps ? Ou comme un concept qui tente de désigner une certaine réalité de la France contemporaine ? Dans cet article, l’historien Vincent Bollenot – spécialiste notamment des dispositifs de surveillance et de contrôle des colonisé·es – s’attache à décrypter…
Auteur: romain romain

