Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump mène des attaques et destructions sans précédent contre la science aux États-Unis. Pourrait-il se passer la même chose en France si le Rassemblement national gagne les élections en 2027 ? En réalité, cela pourrait être bien pire.
C’est ce que s’emploie à démontrer une note du groupe de réflexion Terra Nova, publiée le 17 septembre.
« Ce que Donald Trump a fait aux États-Unis, en s’appuyant sur les pouvoirs bien plus limités que lui accorde un système fédéral et une tradition d’autonomie universitaire séculaire, un gouvernement français hostile à la science pourrait le faire plus vite, plus profondément, et avec moins de résistance », y écrit l’auteur, un haut fonctionnaire dans le secteur de l’enseignement supérieur, qui signe du pseudonyme Maxime Dautry et souhaite préserver son anonymat.
Le caractère très centralisé de l’organisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, et la mainmise croissante que s’est arrogé le pouvoir exécutif sur les activités des chercheurs, donnent au gouvernement français de multiples leviers d’action pour modeler la recherche publique selon son propre agenda politique.
Le contrôle opaque des financements
Premier levier à disposition du pouvoir : le budget. La vaste majorité des recettes des établissements d’enseignement supérieur et de recherche sont des subventions et financements publics. Ce qui n’est évidemment pas un problème en soit. Ce qui l’est davantage, c’est la tutelle que le ministère garde sur ce financement, « contrôlé de près et renégocié chaque année, ligne par ligne », souligne le rapport.
L’opacité de la manière dont sont allouées les subventions à chaque université est sans équivalent en Europe, dénonce également la note. Quant à la loi pluriannuelle de programmation de la recherche, justement supposée mettre les chercheurs à l’abri des aléas…
Auteur: Vincent Lucchese
