Avec l’explosion de la fast fashion et des vêtements toujours moins chers, le Made in France est-il encore possible ? Avant un vote crucial sur la Fast fashion au Sénat les 2 et 3 juin 2025, nous faisons le tour de la mode avec Julia Faure, co-fondatrice de la marque Loom et co-présidente du Mouvement Impact France.
On le voit dans les magazines, sur leurs sites Internet, sur les réseaux sociaux… les acteurs de la mode n’ont jamais autant parlé d’écologie, et pourtant, la mode n’a jamais autant pollué. Comment est-ce possible ?
Réponse courte : Produire, c’est polluer. Or, chaque année ou presque, on produit et on consomme plus de vêtements que la précédente. Les acteurs de la mode parlent d’emballages en kraft, de matière révolutionnaire, de polyester recyclé mais n’abordent pas le problème central de la mode : la quantité de vêtements produite.
Réponse longue (en reprenant ici la plupart des informations disponibles sur le site enmodeclimat.fr ): Prenons le sujet des émissions de gaz à effet de serre. À date, les principaux engagements du textile pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre figurant dans le Fashion Pact (une coalition mondiale d’entreprises du textile formée lors du G7 de Biarritz en 2019) reposent sur deux formes d’actions :
- L’incorporation de matières dites éco-responsables : lyocell, coton bio, coton recyclé, lin, polyester recyclé…
- La diminution des émissions liées au fonctionnement interne (bureaux ou magasins).
Bien que louables, ces actions sont largement insuffisantes. Pour maintenir le réchauffement climatique à moins de 1,5°C, le secteur textile doit diviser ses émissions de gaz à effet de serre par trois entre 2020 et 2050.
Or, environ les 2/3 des émissions du secteur textile proviennent de l’énergie consommée par les machines qui transforment la matière en vêtement (filature, teinture, tissage, ennoblissement, lavage…) dans les lieux de production,…
Auteur: Thomas Wagner

