Sans énergie, pas de développement. Ce constat d’Arunabha Ghosh, expert indien du climat, ouvre le troisième épisode du podcast « Urgence climatique, 10 ans pour agir ». En 2025, le monde continue à tirer les deux tiers de son énergie des ressources fossiles. L’enjeu reste immense : transformer nos modes de production et de consommation sans condamner la croissance, surtout dans les pays du Sud qui peinent encore à offrir l’électricité à tous.
En 2024, les énergies renouvelables ont fourni 40 % de l’électricité mondiale. L’investissement dans les technologies propres a grimpé à 2 000 milliards de dollars, dépassant pour la première fois celui consacré aux énergies fossiles. L’énergie solaire, qui était quatre fois plus chère que le fossile il y a dix ans, coûte aujourd’hui 41 % moins chère, l’éolien 53 % moins cher.
Les initiatives se multiplient, notamment en Asie, mais des résistances demeurent. En Chine comme en Inde, le charbon reste roi. En Afrique du Sud, la sortie du charbon, dont le pays est très dépendant, s’enlise malgré l’aide internationale. Et aux États-Unis, la vision de Donald Trump d’une « Amérique énergétiquement dominante » relance les forages.
Pourtant, la bascule économique est en marche. « Les entreprises ne passent pas au renouvelable par conviction morale mais par intérêt économique », confie Maria Mendiluce, du réseau mondial d’entreprises engagées We Mean Business. Les énergies propres, aujourd’hui, emploient plus de 35 millions de personnes, davantage que le secteur fossile.
Mais selon le chercheur et cofondateur de l’IDDRI, Michel Colombier, la croissance de l’offre bas carbone s’ajoute aux fossiles au lieu de les remplacer. La transition ne sera donc pas seulement technologique, mais aussi culturelle : apprendre à mieux utiliser l’énergie, à en consommer moins. Sobriété, efficacité, mobilité…
Auteur: La Croix avec l’IDDRI
