Pour une écologie efficace, faut-il s’émanciper de l’État ? En France et dans le monde, des initiatives existent déjà pour construire des modes de vie alternatifs. C’est ce que nous fait découvrir la journaliste Juliette Duquesne dans la saison 3 de son podcast Carnets d’alerte, produite par Thomas Baumgartner chez Wave Audio et réalisée par François-Charles Domergue, en codiffusion avec Reporterre.
Une vieille ferme bretonne restaurée en habitat partagé, une communauté autosuffisante qui transforme la laine, un village écolo qui résiste à la marée d’extrême droite… Des tréfonds de la Bretagne à l’ancienne zad de Notre-Dame-des-Landes, en passant par les communautés zapatistes du Chiapas, Juliette Duquesne (autrice du livre Autonomes et solidaires pour le vivant — S’organiser sans l’autorité de l’État, éd. Le Bord de l’eau, 2025) nous immerge dans le quotidien d’organisations qui puisent leur force et leur durabilité dans la capacité à subvenir à leurs besoins collectivement, et indépendamment des circuits classiques. Au cœur de quasiment tous ces projets : l’autonomie alimentaire, gagnée grâce au travail collectif de la terre et à l’approvisionnement local.
S’émanciper de l’État ne signifie pas forcément s’en extraire à 100 %. « Aucun des collectifs que j’ai rencontrés ne s’organise complètement sans l’État, nuance Juliette Duquesne. À la zad de Notre-Dame-des-Landes par exemple, des gens touchent le RSA, ce qui leur permet de prendre soin du collectif. Certains continuent d’œuvrer pour faire changer les lois au niveau national : aujourd’hui, c’est tellement difficile de prendre soin du vivant que toute bataille gagnée est bonne à prendre. »
Ce podcast démontre ainsi comment le capitalisme et l’État-nation se sont toujours nourris l’un l’autre, « ce qui n’est pas toujours bien formalisé dans les milieux militants », observe la…
Auteur: Scandola Graziani

