Est-il légitime de verser des aides publiques à des entreprises qui pratiquent l’évasion fiscale ? C’est la question posée par Attac dans une note publiée en juin 2026.
Des montants colossaux
En 2025, la commission d’enquête du Sénat consacrée aux aides publiques aux entreprises a dressé un constat sans appel : la France se caractérise par un niveau particulièrement élevé de soutien public aux entreprises, qui aurait atteint en 2023 le montant astronomique de 211 milliards d’euros.
À titre de comparaison, 211 milliards d’euros c’est :
- 1,4 fois le déficit public de la France
- 3,4 fois le budget de l’Éducation nationale
- 170 nouveaux hôpitaux universitaires
Depuis 25 ans, la hausse des ces aides publiques est démentielle : c’est une augmentation 3,3 fois plus rapide que celle des aides sociales et plus de 3 fois plus rapide que celle du PIB.
Un manque criant de transparence
Le montant global peut certes être discuté en fonction de la définition et du périmètre que l’on donne aux « aides » mais quoi qu’il en soit l’ordre de grandeur est colossal, sa croissance vertigineuse, et il se combine à un manque criant de transparence, de pilotage et d’évaluation des dispositifs existants qui se sédimentent progressivement les uns aux autres, constituant un maquis inextricable.
Une part significative de ces aides bénéficie aux grandes entreprises et aux multinationales. Mais personne ne dispose d’une vision claire et consolidée des montants effectivement perçus, des entreprises bénéficiaires, ni des résultats obtenus en contrepartie.
Les témoignages lors de la commission d’enquête sénatoriale ont révélé que ni le ministère des Finances ni l’INSEE ne sont capables d’avoir une vision globale des bénéficiaires, et des résultats de ces dispositifs coûteux
En 2007, 2013, 2020, des rapports officiels dénoncent « un empilement de mécanismes voisins ou aux objectifs quasiment identiques »…
Auteur: Attac France
