Représailles raciales, réseaux néofascistes transnationaux et néolibéralisme sans horizon
Le mot pogrom vient du russe et signifie la destruction et le pillage. Il s’agissait, au 19ème siècle, d’attaques collectives de quartiers ou de villages juifs en Europe de l’Est, en représailles aux délits réels ou supposés attribués à la communauté juive. Le lynchage est un terme apparu aux USA au 18ème siècle, pour désigner la justice expéditive, qui visait généralement les Noirs, pour se venger là encore d’infractions, souvent imaginaires. Les corps de personnes noires étaient pendus, mutilés, exhibés en place publique par des foules blanches.
Ces pratiques sont des défoulements collectifs racistes, qui s’inscrivent dans la plus pure tradition suprémaciste, et qui font désormais un retour lugubre.
Car comment qualifier autrement que pogrom ou lynchage les scènes qui ont lieu à Belfast, en Irlande du Nord, depuis deux jours ? Des milices composées d’hommes vêtus de noir et au visage masqué rentrent dans des maisons appartenant à des familles immigrées, les dévastent, les incendient. Les 9 et 10 juin, ces groupes ont mis le feu à un bus municipal, à des voitures, mais aussi à des habitations et des commerces. Ils ont également tenté d’attaquer un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile. «Nous avons peur. (…) Nous vivons cachés» expliquent des habitants d’origine étrangère. La mosquée de Belfast a fermé, une première depuis des décennies. Des habitants ont dû être évacuées de leurs domiciles.
Ces attaques ont lieu en représailles à un acte criminel filmé et diffusé sur les réseaux sociaux le 8 juin : le poignardage au sol d’un homme d’une quarantaine d’années par un agresseur de nationalité soudanaise. Les images, terribles, et les blessures gravissimes de la victime ont servi de déclencheur à des groupes déjà chauffés à blanc.
Des émeutes…
Auteur: B

