[Chronique « Animaux géniaux »] On nous le serine depuis l’Antiquité : la mémoire des poissons serait courte, la cervelle des moineaux minuscule, la cruauté des ours sans pareille… Pourtant, les études scientifiques démontrant que les non-humains rivalisent d’intelligence, de sensibilité et d’ingéniosité s’accumulent. Chaque mois, Reporterre vous propose un florilège consacré à ces vivants si fascinants.
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Les poissons ont des accents régionaux
« Sac » ou « poche » ? « Tarpin » ou « beaucoup » ? On ignore si les poissons s’écharpent pour savoir s’il faut plutôt dire « pain au chocolat » ou « chocolatine », mais la façon de s’exprimer peut varier, chez eux aussi, en fonction de leur région.
La communauté scientifique s’intéresse depuis plusieurs années aux signaux acoustiques produits par les êtres à écailles. L’océan, les rivières et les lacs ne sont pas si silencieux que l’on peut le croire. Clics, sifflements, cris… De nombreux poissons produisent des sons pour parader, revendiquer leur territoire ou alerter leurs pairs de la présence des prédateurs.
Dernièrement, des chercheurs de l’université d’Harvard, du CNRS et de l’université de Saint-Étienne ont découvert que les tétras aveugles — Astyanax mexicanus, de petits poissons vivant dans les caves ou les rivières d’Amérique centrale — avaient des accents distincts en fonction de leur lieu de vie.
L’équipe a analysé 44 heures de conversations entre des individus de cette espèce vivant dans 6 grottes distinctes, réparties parmi 3 chaînes de montagnes. Elle s’est focalisée sur les « clics » et les « clics en série », les sons les plus utilisés parmi les six de leur répertoire. Leur longueur, leur hauteur et leur fréquence ont ensuite été comparées.
Il ressort…
Auteur: Émilie Massemin, Hortense Chauvin

