[Chronique « Animaux géniaux »] On nous le serine depuis l’Antiquité : la mémoire des poissons serait courte, la cervelle des moineaux minuscule, la cruauté des ours sans pareille… Pourtant, les études scientifiques démontrant que les non-humains rivalisent d’intelligence, de sensibilité et d’ingéniosité s’accumulent. Chaque mois, Reporterre vous propose un florilège consacré à ces vivants si fascinants. Ce mois-ci, focus sur la coopération entre animaux.
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Des poissons font du stop sur le dos des baleines
Pour vous déplacer sur de longues distances, vous levez le pouce ? Les rémoras (des poissons d’une cinquantaine de centimètres au corps gris et fuselés) sont plus directs : ils s’agrippent directement au dos d’autres animaux marins, comme nous sauterions sur un capot. Dans le cadre de ses recherches sur la migration des cétacés, menées à l’est de l’Australie, le chercheur Olaf Meynecke a capturé des images saisissantes de ces poissons solidement accrochés à la peau de baleines à bosse, qu’ils utilisent pour se balader dans l’immensité du Pacifique sans fatiguer leurs nageoires.
« C’est incroyable de voir à quel point les rémoras sont rapides et agiles », témoigne l’océanographe. Il leur suffit d’un fragment de seconde pour s’accrocher aux baleines, les lâcher lorsqu’elles remontent respirer à la surface, puis les réempoigner lorsqu’elles s’enfoncent à nouveau sous l’eau. Les rémoras y parviennent grâce à une sorte de disque situé sur leur tête, qui « aspire » la peau de leurs hôtes (comme une ventouse) et leur permet d’y adhérer sans dommage pour eux.
Les rémoras ne sont pas des parasites. Mieux : ils peuvent être bénéfiques aux baleines, en dévorant les poux de mer qui grignotent leur peau. Reste que les cétacés semblent parfois agacés par ces autostoppeurs : « Nous avons…
Auteur: Émilie Massemin, Hortense Chauvin

