Bordeaux (Gironde), correspondance
La mesure a de quoi couper l’herbe sous le pied de l’opposition, ou bien la laisser pantoise, selon le bord politique des adversaires de Pierre Hurmic, maire écologiste de Bordeaux depuis 2020.
À la mi-juillet, celui-ci présentait sa brigade d’appui et de sécurisation équipée de pistolets semi-automatiques. « Ce n’est pas un engagement que j’avais pris pendant la campagne électorale », reconnaissait ce jour-là l’édile devant la presse, concédant à demi-mot que cette décision — l’armement de 25 % sa police municipale — venant d’un élu de gauche pouvait surprendre.
En septembre 2024, après une grève de ses policiers municipaux qui réclamaient le droit de porter une arme de poing pour se défendre et « 6 ou 7 mois à travailler très intensément le sujet » de la sécurité, selon Marc Etcheverry, adjoint bordelais à la sécurité, la décision avait été prise par Pierre Hurmic. Et donc, devant la presse locale, à moins de six mois du lancement de sa campagne aux élections municipales, la concrétisation de la décision du maire de Bordeaux constitue « une rupture symbolique », selon Christian Le Bart, professeur des universités en science politique à Sciences Po Rennes.
« Mais la décision a été prise à reculons », considère le politologue. « L’écologie politique porte un message de non-violence. Nous préférons une société où il n’y a pas besoin d’armes », assure Marc Etcheverry. Avant de prendre cette décision, Pierre Hurmic et son adjoint ont rencontré leurs homologues d’autres mairies de gauche ou écologistes. Depuis leur visite, certaines de ces communes, qui s’étaient d’abord opposées à l’armement de leur police, ont fait machine arrière, elles aussi, à quelques mois des élections municipales.
La décision du maire de Bordeaux, comme celle des édiles de Grenoble, Strasbourg, Marseille et Lyon, s’inscrit dans…
Auteur: Ariane Puccini

