Procession du Graoully, gravure de Dembour et Gangel (Metz), entre 1840 et 1852.
Faire « populaire » : voilà le mot d’ordre de nombreuses communes françaises dont les politiques culturelles projettent clairement leur idée de ce que serait le peuple : des consommateurs dociles d’images qui bougent. On ne compte plus les sociétés « créatives », agences de « scénographie urbaine » et autres « studios de divertissement multidisciplinaires » qui, de la cathédrale de Paris au jardin botanique de Montauban, transforment les villes en grandes surfaces de projections ou y multiplient les lieux proposant des « immersions ». Ces animations puisent dans l’imagerie globale tout en se parant parfois de localisme et de pédagogie, pour faire connaître une histoire ou un folklore plus ou moins fantasmés.
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La Ville de Metz a récemment fait surgir dans l’une des artères principales de son centre historique une longue sculpture métallique ondulante. Conçue par l’agence BKBS, elle sépare la rue en son milieu, comporte des assises, sert d’accroche aux végétaux plantés par la municipalité, mais surtout, baptisée « la Serpentine », elle représente le Graoully, dragon du folklore local. La nuit tombée, l’une de ses extrémités devient le support d’un mapping : sur la surface métallique recouverte d’écailles, apparaît et s’agite l’image d’une tête de dragon qu’on dirait sorti d’un jeu vidéo. Tantôt fuschia, tantôt vert, tantôt bleu mais toujours fluo, il est accompagné d’une illumination des bâtiments de la rue aux mêmes couleurs et, par intermittence, émet de la vapeur.
Comme le remarquait Gustave Kahn (né à Metz), les dragons sont monnaie courante dans les folklores urbains. Au Xe siècle, des moines de la basilique Saint-Clément de Metz…
Auteur: Bénédicte Duvernay


