Celui qui saute dans le vide ne doit aucune explication à ceux qui restent et regardent.
Jean-Luc Godard
Le cliffjumping ? Si vous ne connaissez pas le mot vous avez certainement vu passer des vidéos impressionnantes de sauts dans le vide du haut d’une falaise dans la mer, un lac, une rivière, un canyon. Une activité à haut risque – un saut d’une hauteur de 10 mètres entraîne un impact à la surface de l’eau à 56 km/h – devenue un sport pour certain.es cliffjumpers.
Né en Norvége il y a plus d’un demi-siècle, le døds ou « plongeon de la mort », commence à s’exporter. Mais le plus spectaculaire reste bien sûr le saut non d’un plongeoir de piscine mais d’une falaise. Un suisse, Laso Schaller, détient depuis 2015 le record du monde avec un saut de 58,8 mètres dans le trou d’une cascade percuté à une vitesse d’impact de… 123 km/h !
Depuis quelque temps les videos de cliffjumpers envahissent les réseaux à tel point que c’en est flippant pour les scrollers acrophobes comme moi. On est loin des vidéos de sauts à l’élastique pépères et cette multiplication de vidbuzz interroge. Sur le sens à donner à cette prolifération , j’ai lâchement fini par questionner Chatgpt. L’essor du clifftjumping sur les réseaux s’expliquerait par la recherche de visibilité dans l’économie de l’attention ; la réactualisation des rites anciens de passage collectifs ; la recherche d’intensité « dans un monde souvent perçu comme sécurisé, administré ou routinier » (pas moins !) ; l’esthétique du dépassement de soi transformant l’exploit du saut en « image de liberté » .
Pour finir, Chatgpt suggère une lecture critique s’appuyant sur notre bon vieux Debord qui « aurait sans doute interprété ces images comme la transformation d’un acte vécu en marchandise visuelle destinée à circuler et à accumuler de l’attention ». Mais cette lecture n’est bien sûr qu’une proposition additive, non définitive. Voici sa vraie conclusion, toute…
Auteur: dev

