L’amour rend aveugle, dit-on. La passion du ballon rond conduit parfois ses plus fins supporters à ne pas voir ce qui se joue en coulisse et dans les gradins. Pourtant, avec la montée de l’extrême droite, les violences sont plus fréquentes, presque devenues décomplexées. Baptiste, supporter de l’Olympique lyonnais, dénonce l’hypocrisie du monde du football et la complicité de ceux qui se taisent.
Supporter de longue date à l’Olympique lyonnais (OL) et abonné au stade, je me sens plus que jamais en contradiction entre mon attachement à l’équipe et à ses résultats, et les actions et prises de positions des ultras du club, ses plus fervents fans. Ce n’est pas nouveau, j’ai toujours eu une profonde aversion pour les valeurs défendues par ces ultras et certains chants (homophobes, sexistes…) entonnés en tribunes. Et si l’extrême droite ne s’est jamais vraiment cachée dans les travées lyonnaises, cela faisait longtemps qu’elle n’était pas apparue aussi décomplexée que ces derniers mois.
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Au risque d’enfoncer une porte ouverte, il est important, je crois, de rappeler que le monde du foot est l’un des plus éclatants reflets de l’ultralibéralisation de la société : de la diffusion des matchs vendus au plus offrant à la multipropriété des clubs en passant par la spéculation sur le développement et l’achat-revente de joueurs. À Lyon, j’y vois également, comme partout en France depuis les européennes et les législatives, une poussée affirmée de l’extrême droite.
Je me sens de plus en plus en insécurité dans un stade qui devrait être celui où je me sens le plus à l’aise.
Cela se traduit par une…
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