Pollution : 40 % des élevages français ne respectent pas les normes

Le taux de nitrates dans les rivières bretonnes ne baisse plus depuis 10 ans. Il stagne autour de 33 milligrammes par litre, selon Annie Le Guilloux de l’association Glaz Natur. C’est trois fois la norme de potabilité recommandée par l’OMS.

Le taux moyen de nitrate des eaux bretonnes est passé de 5 milligrammes par litre dans les années 1960 à 40 milligrammes par litre dans les années 2000. En cause, scientifiquement établi : l’élevage intensif et les excédents d’azote qui, faute d’être absorbés par les sols, rejoignent les nappes phréatiques, puis les rivières, puis la mer.

La justice a condamné à plusieurs reprises l’État pour son incapacité à lutter efficacement contre les algues vertes, la dernière décision datant du 13 mars 2025. En juin 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a reconnu la responsabilité des algues vertes dans la mort de Jean-René Auffray, joggeur décédé en 2016 dans une vasière polluée aux algues vertes à Hillion, dans les Côtes-d’Armor. C’est une première. L’État devra indemniser ses proches.

40 % des élevages contrôlés en infraction

Dans ce contexte, l’ONG Aria a publié une analyse inédite. Parmi 5 300 élevages intensifs contrôlés entre janvier 2022 et mai 2026, environ 40 % présentaient au moins une non-conformité aux règles de prévention des pollutions. L’ONG s’est basée sur les rapports publics, rédigés par les inspecteurs des directions départementales de la protection des populations, accessibles sur la plateforme georisques.gouv.fr.

Les infractions recensées : pollution directe de l’environnement, retards dans la communication de documents à l’administration ou la mise aux normes d’équipements (comme les fosses à lisier ou les compteurs d’eau), faisant peser un risque de pollution. Les manquements les plus graves concernent le stockage, l’épandage et les rejets directs d’effluents. Ces lisiers et fumiers chargés de…

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Auteur: Isabelle Vauconsant