L’usine Tefal de Rumilly (Haute-Savoie) contamine toujours avec ses polluants éternels, trente-cinq ans après l’enfouissement de ses déchets. Dans les eaux souterraines, aux abords de ses dépôts de déchets, ont été retrouvés d’importantes quantités d’un des PFAS les plus dangereux, reconnu cancérogène : le PFOA.
C’est le résultat d’une grande campagne citoyenne d’analyses de PFAS dans l’eau, menée pendant deux mois par les bénévoles de l’association environnementale Agir ensemble pour Rumilly et l’Albanais (Aera). Cette substance chimique, utilisée jusqu’en 2012 par le groupe SEB, se retrouvait dans le revêtement antiadhésif qui fait le succès des poêles Tefal.
Cette campagne citoyenne semble ainsi confirmer la responsabilité historique de l’industriel dans cette pollution massive, que Reporterre a révélé dès janvier dernier. Elle interroge également sur la manière dont ces polluants se diffusent dans l’environnement.
Confirmation d’une vaste pollution
Avec leurs moyens « limités », les bénévoles de l’association Aera, suivant un protocole strict, ont prélevé une vingtaine d’échantillons d’eau tout autour de la ville. Résultats : parmi les 53 PFAS testés, c’est le PFOA qui a été retrouvé en plus grande quantité dans la plupart des prélèvements, avec des pics entre 90 et 95 % à divers endroits.
Jusqu’à 16 052 nanogrammes par litre (ng/l) de cette molécule chimique ont été mesurés en aval hydrologique de la déchèterie du lieu-dit de Broise, soit plus de huit fois la norme de qualité pour les eaux brutes, fixée à 2 000 ng/l. Or, elle aurait reçu des déchets de Tefal contenant des PFAS par le passé. Dans un document que Reporterre s’est procuré, l’industriel n’exclut pas d’avoir rejeté des polluants éternels dans cette décharge publique.
Idem au point de prélèvement d’un…
Auteur: Hugo Coignard

