Pollution de l’air : les Français prêts à agir, mais réticents à payer…

En 2022, la concentration moyenne de pollution de l’air aux particules fines s’établissait, en France, à 10 µg/m<sup>3</sup>, soit le double du seuil préconisé par l’Organisation mondiale de la santé. Parilov/Shutterstock

Les Français sont-ils prêts à soutenir et à financer une politique ambitieuse de réduction de la pollution ? Pour le savoir, les économistes disposent d’un indicateur clé : la valeur de la vie statistique. Celle-ci ne vise évidemment pas à mettre un prix sur une vie humaine, mais à mesurer combien une population est prête à investir pour diminuer, même très légèrement, le risque de décès dû à la pollution de l’air.


La pollution de l’air figure aujourd’hui parmi les menaces sanitaires les plus préoccupantes. En France, elle est responsable de plus de 40 000 décès prématurés chaque année selon Santé publique France. Malgré des progrès, les politiques publiques peinent à atteindre les standards internationaux.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser une concentration annuelle de 5 µg/m3 de particules fines (PM2,5). En 2022, la moyenne française s’établissait à 10 µg/m3, soit le double du seuil préconisé.

Dès lors, comment évaluer le bénéfice réel d’une politique de réduction de la pollution ? Plus encore : que nous disent les citoyens eux-mêmes de leur disposition à contribuer financièrement à cet effort collectif ?

Valeur économique des vies sauvées

Pour éclairer ce type de décisions, les économistes ont recours à un indicateur clé : la valeur de la vie statistique (VVS). Il ne s’agit évidemment pas d’attribuer un prix à une vie humaine, mais d’estimer combien une société est disposée à payer pour réduire, même très légèrement, le risque de décès auquel ses membres sont exposés.

Cet outil permet de juger de la pertinence économique d’une politique publique. Concrètement, si le coût d’une…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Caroline Orset, Professeur en sciences économiques, AgroParisTech – Université Paris-Saclay