Alors, on en a fait un texte.
Bayrou est une tête à claques, et c’est peut-être ce qui le rend si haïssable. Les autres, au moins, on les imagine un peu conscients de ce qu’ils font. Les Macron, les Retailleau, les Darmanin, ont sans doute eu des moments de trouble, d’effroi, de doute, des nuits agitées et des choix à opérer. Ce sont des salauds, oui. Mais le salaud a au moins pour lui d’avoir, à un moment, choisi de l’être, endossé le rôle. Macron a dû, peut-être avec un brin de remords, avalisé la répression des Gilets jaunes. Darmanin a osé, on espère avec un soupçon de haut-le-cœur envers lui-même, parler d’ « écoterroristes » après l’horrible Sainte-Soline. On imagine qu’ils se sont blindés, qu’ils ont dû, contre les faiblesses de la morale et de la compassion, cadenasser leur cœur et leur tête à toute forme de remise en question. Que ça a dû être un travail de longue haleine, un travail à toujours remettre sur le chantier, à chaque visage croisé dans la foule d’un déplacement, à chaque image capturé depuis une télé. Peut-être un soupir, avant de replonger.
Mais Bayrou attise la haine en ce qu’il n’a rien de tout ça. Bayrou semble bête. Bête à manger du foin. Il semble croire sincèrement à ce qu’il dit, au bien-fondé de ce qu’il fait. Sans doute dort-il sur ses deux oreilles poilues, le souffle léger, le ronflement qui tonne, sans souci dans son esprit. Sans doute n’a-t-il jamais eu honte à détourner la tête devant un miroir. On imagine un vide planant dans son esprit, une sérénité à faire pâlir tous les derviches. Bayrou fait peur, Bayrou fait horreur en ce qu’il est le reflet parfait, transparent, sans aucune teinte, de sa classe et l’instrument parfait de sa politique de classe.
Bayrou semble un automate téléguidé pour répondre aux besoins de sa classe. Les mantras qu’il serine depuis des décennies – la réduction impérieuse de la dette…
Auteur: dev

