Attaque sournoise – elle vise nos attachements.
L’effondrement se fait par petites touches addictives,
par simplification des tâches. Dès l’enfance
les mains sont éduquées à la pensée binaire –
l’esprit critique s’atrophie, la sensorialité est livide,
le langage a du mal à parler…
L’arbre devant la fenêtre a perdu son feuillage.
Il fait beau.
Le cours des choses prend de l’ampleur…
De bon matin dans les salles de pause
le consensus salive. De bon matin
les engrais chimiques sont célébrés comme garantie
de domination, de maîtrise, de domestication du vivant.
Les âmes mortes font masse et la masse fait dictature.
Déni de la mort qui pue derrière un écran de fumée.
Les mots sont remplacés par des « éléments de langage ».
Il fait beau.
L’arbre devant la fenêtre a perdu ses feuilles.
Surchauffe, la terre se fend, le printemps est brûlant.
L’adaptation au pire augmente le débit de l’inévitable :
poissons crevés dans nos silences,
puits à sec à côté du tout à l’égout,
fruits blets dans les hangars sans saisons.
L’automatisation de nos vies devient programme politique.
Tout se fait sans heurt, par prolongement de nos désirs
sur des applications. Salle de pause sans fenêtre –
la mort pue dans les cœurs aseptisés où les bons sentiments
s’allient aux grammaires de l’exclusion.
La sous-traitance repose sur des gestes égoïstes
et salauds : la mise en esclavage de son prochain.
Le mensonge – rendu plus attractif que la vérité ?!
L’arbre n’est plus qu’un moignon. La nuit n’arrive pas.
La fraîcheur n’arrive pas.
Sur cette terre qui nous est étroite, une voix crie…
…crie que la vie n’a pas lieu
si l’on n’apprend pas à penser contre soi – flancs
déchirés aux falaises des savoirs inculqués…
…crie contre les faux-semblants qui empestent
et détruisent les humus langagiers…
…crie que l’on ne vit pas le chaos avec de…
Auteur: dev

