On consomme chaque année 15 milliards de pots de yaourts et desserts lactés en France. Que deviennent-ils une fois vides ? « Tous les pots en polystyrène collectés dans les bacs de tri et triés en centre de tri sont, depuis plusieurs années déjà, recyclés dans l’usine Eslava de Valence, en Espagne », affirme Citeo, l’éco-organisme des producteurs d’emballages ménagers, dans un communiqué du 17 mars 2025.
« C’est faux ! » objecte Henri Bourgeois-Costa, directeur des affaires publiques de la Fondation Tara Océan. « Le recyclage mécanique ne marche pas en raison de la capacité du polystyrène à se casser [une propriété précisément recherchée pour rendre les emballages sécables]. Plus on broie cette matière, plus elle se fragmente en petits morceaux. Il n’existe actuellement que deux exutoires : les pots de fleurs et les cintres jetables utilisés dans les magasins de vêtements. » Selon lui, 5 à 10 % des tonnages mis sur le marché seraient transformés en nouveaux objets plastiques. Le reste ? « Ça finit en incinération ou en décharge. »
Henri Bourgeois-Costa se désole de l’acharnement des fabricants de yaourts à recourir au polystyrène, « classé comme cancérigène probable » (un risque sanitaire signalé par l’OMS). Pourtant, des alternatives existent. Il cite l’exemple de Danone, qui fabrique désormais ses pots avec du polytéréphtalate d’éthylène (PET), la résine utilisée pour les bouteilles d’eau ou de sodas. « Le PET est bien moins problématique. On sait le recycler pour le remettre en contact avec des aliments, il est un peu moins toxique et se dégrade aussi plus facilement », précise le spécialiste de Tara Océan.
Un matériau peu dégradable
Car les emballages en polystyrène « génèrent une pollution importante », de l’aveu même du ministère de la Transition écologique : « Les fragments de polystyrène sont en effet l’un des dix…
Auteur: Fabienne Loiseau

