Poulets labellisés « Bien-être animal » : des associations animalistes attaquent les marques en justice

LDC, leader français de la volaille, va devoir s’expliquer devant le juge, deux mois à peine après le lancement de son logo « Bien-être animal – Filière agricole engagée ». L’Oaba (Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs) et Welfarm ont annoncé le 4 novembre avoir assigné l’industriel devant le tribunal judiciaire de Paris afin de faire cesser l’utilisation de ce logo, progressivement déployé sur les emballages de viande de poulet Le Gaulois et Maître Coq.

« La communication de LDC laisse entendre que les produits arborant ce logo offrent des garanties substantielles en matière de bien-être animal. Or, le référentiel associé au logo autorise des pratiques intrinsèquement incompatibles avec l’allégation affichée », considèrent les ONG.

19 poulets par mètre carré

Le cahier des charges permet des densités d’élevage pouvant atteindre 38 kg/m², soit environ 19 poulets par mètre carré. Il ne prévoit aucune restriction concernant l’utilisation de souches à croissance rapide, qui permettent l’élevage des très décriés « turbos poulets ». Ces deux pratiques sont pourtant reconnues comme portant atteinte au bien-être des animaux, insistent les associations animalistes.

Selon elles, ce nouveau label, qui fait l’objet d’une campagne publicitaire nationale de grande échelle, est susceptible de constituer une pratique commerciale trompeuse en créant dans l’esprit du consommateur « une perception erronée des conditions d’élevage réelles des animaux dont sont issus ces produits ».

Le 14 septembre, elles avaient transmis un signalement à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Sans résultats, elles ont donc saisi le juge des référés. Une première audience doit se tenir le 18 décembre 2026.

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