Syndiquer les travailleuses et les travailleurs d’Amazon est à la fois un défi existentiel et une opportunité majeure pour le mouvement ouvrier. Mais la puissance financière de l’entreprise et sa grande flexibilité opérationnelle rendent insuffisantes les tactiques syndicales traditionnelles. Il faut donc des stratégies capables d’articuler perturbation et changement d’échelle.
Si l’on inclut les quelque 500 000 chauffeurs et chauffeuses sous-traitant·es d’Amazon, en plus de ses 1,5 million de salarié·es, ce mastodonte du capitalisme contemporain est probablement le plus grand employeur des États-Unis — devant Walmart, qui détenait ce titre depuis trois décennies.
Amazon est aussi une entreprise singulière. À la fois firme de logiciels, géant du commerce de détail et acteur central de la logistique, elle cherche à être tout pour tout le monde. Son dynamisme ne cesse d’étonner : il y a onze ans encore, elle ne disposait d’aucune capacité propre de transport en aval ; aujourd’hui, avec un vaste réseau de centres de tri et de stations de livraison, elle expédie davantage de colis qu’UPS.
Pour celles et ceux qui cherchent à construire une organisation syndicale dans cette entreprise en perpétuelle mutation, ces éléments soulèvent une série de questions décisives : qu’est-ce qu’Amazon, exactement ? D’où vient son succès ? Bénéficie-t-elle de conditions particulières — voire injustes ? Quelle est la source de sa rentabilité, et de son dynamisme ?
Dans un article récent publié dans Amazon Worker Solidarity, intitulé « Un concurrent de premier plan : comprendre le pouvoir de marché d’Amazon », Stephen Maher et Scott Aquanno proposent des réponses éclairantes à ces interrogations. Par e-mail, nous avons échangé avec eux à propos de ce texte et, plus largement, des perspectives de syndicalisation autour d’Amazon.
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Benjamin Y. Fong et Scott Jenkins : Vous commencez…
Auteur: romain romain

