On peut être éco-anxieux et éco-furieux suite à l’été que nous venons de vivre. Il y a eu 7000 morts en surnombre en France à cause des cinq vagues de chaleur. Il y a eu des milliards d’euros de dégâts, et des centaines de milliers d’animaux décédés dans les élevages. Cela a été une telle hécatombe que les autorités sanitaires ont autorisé les agriculteurs à enterrer les animaux dans des fosses directement sur les fermes, avec toutes les problématiques sanitaires que cela peut pourtant entraîner.
Malgré tout, certains responsables politiques se sont étonnés en 2026 que l’on puisse vivre des vagues de chaleur en France. Pourtant, tous les rapports scientifiques le disent, la France est le pays d’Europe le plus menacé par la crise climatique.
LR&LP : Sandrine Rousseau, l’écologie de rupture est-il un terme ayant un sens politique ou est-ce un terme repoussoir pour la partie de la société qui a peur ?
Sandrine Rousseau : L’été nous a renseigné sur quelque chose que beaucoup savaient déjà mais qui est devenu palpable : nous sommes en cours d’un effondrement. Et nous n’avons pas le temps d’être polis. Nous n’avons pas le temps d’attendre. Nous n’avons pas le temps non plus de rester dans les normes d’une politique qui aujourd’hui exclut tout militant politique qui n’accepterait pas ses codes et ses normes ou qui le met à la marge ou qui le traite d’extrême, etc.
En tous les cas, moi, je n’ai plus du tout envie d’être polie avec le système qui nous conduit dans cette situation. Par contre, j’ai absolument l’énergie d’être radicale et si notre radicalité ne plaît pas, c’est que vous faites partie du problème.
Aucune bataille politique, sociale, ou écologique n’a été gagnée en demandant « s’il vous plaît ». Toutes les batailles gagnées l’ont été parce que nous avons été impertinents…
Auteur: Laurie Debove
