Depuis 25 ans, Bruno Patino observe le monde numérique, les évolutions technologiques et leurs effets sur nos vies, nos usages et notre pensée. Aujourd’hui, dans un essai passionnant Le temps de l’obsolescence humaine, il nous alerte sur le rôle des IA qui s’interposent dans nos relations sociales. Si elles peuvent être un allié puissant, pour le PDG d’Arte, elles peuvent aussi asservir l’homme. Une réactivation de la relation « maître-esclave » qui se ferait à nos dépens.
Selon lui, il est temps d’imposer un cadre à ces usages, une limite, en tous cas de penser l’irruption massive de ces technologies, au risque sinon de rendre l’humanité obsolète.
Le numérique, l’illusion d’un monde meilleur ?
Pour le PDG d’Arte, les débuts de l’internet étaient prometteurs, ainsi « les grands groupes qui menaient la révolution numérique avaient décidé d’embrasser cette utopie multiséculaire du réseau » et défendaient l’utopie de la mise à disposition des connaissances du monde, à tous, pareil à la Bibliothèque d’Alexandrie.
Mais force est de constater, avec le recul, que la révolution numérique a aussi eu des effets négatifs puissants : isolement, baisse de l’attention, surveillance, profilage.
De l’économie de l’attention à l’économie de la relation
Pour l’essayiste, c’est le modèle économique des GAFAM qui ont détricoté la philosophie libertaire : « Le modèle qu’elles ont trouvé tout…
Auteur: Simon Nicolle
