En 2025-2026 a eu lieu une importante mobilisation du monde agricole face aux conséquences de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et aux menaces d’abattage des troupeaux, qui s’est élargie notamment à la contestation de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Cette mobilisation succède à celles des deux années précédentes, dans un contexte de bouleversement du syndicalisme agricole, alors que l’hégémonie de la FNSEA s’effrite largement.
Cet effritement profite surtout à la Coordination Rurale (CR) qui a conquis 14 chambres d’agriculture aux élections de 2025, mais se perçoit aussi dans les récentes mobilisations qui ne sont plus des simulacres pour servir les intérêts de la FNSEA, mais met aux prises des orientations alternatives, incarnées soit par la Confédération Paysanne (CP) soit par la CR. Cela a conduit à des alliances improbables dans le monde agricole, non pas des alliances stratégiques mais d’abord à partir d’expériences partagées face aux abattages des troupeaux.
Cela a pu donner lieu également à des rapprochements conjoncturels entre paysans de la Confédération Paysanne et de la Coordination Rurale, confrontés à une crise profonde de l’agriculture telle que la modernisation gaulliste l’avait instaurée. Désormais, face à une agriculture de firmes, l’agriculture même conventionnelle est menacée de disparition. Qu’est-ce que cette crise de la reproduction dit des possibles alliances à construire face au capitalisme agricole ? Et quelle place accorder aux salarié·es agricoles dans les alliances ?
Les Syndicats de Gardiens de Troupeaux CGT expliquent dans leur contribution en quoi ces alliances ne sont pas souhaitables et appellent à d’abord défendre leurs droits face à ceux de leurs employeurs, y compris quand ces derniers sont des petits paysans, parfois membres de la CP. Une autre réponse s’élabore au sein d’un coordination agricole…
Auteur: romain romain

