Pour des lycéens corses, anatomie du métier de producteur de cinéma

« J’aime voir le film se créer, toucher un peu à tous les postes ». Marie-Ange Luciani, productrice des films multirécompensés « Anatomie d’une chute » et « 120 battements par minute », est revenue cette semaine dans son ancien lycée d’Ajaccio dévoiler aux élèves les coulisses de son métier.

Six César, un Oscar, une Palme d’or, deux Golden Globe, un Bafta… Le thriller judiciaire de Justine Triet, « Anatomie d’une chute », a presque tout raflé.

La productrice a d’ailleurs apporté son César du meilleur film pour que les élèves du lycée Laetitia Bonaparte d’Ajaccio touchent au rêve, dans le cadre de l’opération « un artiste à l’école ».

Elle retrace son parcours. Après des études de littérature « avec option cinéma » à Aix-en-Provence puis à la Sorbonne à Paris, elle obtient un DESS d’administration du spectacle. Mais « c’est en faisant des stages qu’on apprend les métiers du cinéma », assure cette « autodidacte » de 45 ans.

« Stagiaire dans une société de distribution de films, j’ai rencontré un producteur, Gilles Sandoz, qui m’a tout appris du métier ». « Ruiné, il appelait pour avoir des avances alors moi, la stagiaire, on me disait +réponds-lui+ ».

Gilles Sandoz lui propose alors de devenir son assistante de production: « j’ai dit +d’accord mais je veux être productrice+ sans savoir ce que c’était », glisse celle qui travaillera cinq ans avec lui avant de rejoindre « Les Films de Pierre », créée notamment par Pierre Bergé et qu’elle rachètera après sa mort.

« Je trouve assez génial de se dire qu’elle a réussi en partant avec un producteur qui n’avait plus d’argent, qu’elle se soit dit +je lâche tout pour faire ça+ », réagit pour l’AFP Andréa Schraup, en Terminale.

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