Face au risque de voir le régime démocratique basculer vers l’autoritarisme en raison de la désaffection de ses citoyens, il est urgent de regagner leur confiance en leur donnant un plus grand rôle dans la conduite des affaires publiques, et en leur proposant une véritable éducation démocratique.
La démocratie en France souffre de pathologies dont beaucoup lui sont propres. Certes, la France n’est nullement le seul pays au monde à subir une désaffection croissante des citoyens vis-à-vis de leurs gouvernants, à connaître une montée en puissance des partis d’extrême droite, à se révéler incapable de juguler la montée des inégalités sociales ou de protéger ses citoyens des effets du dérèglement climatique et de la destruction de la biodiversité. Mais dans peu de pays européens comparables, le niveau de défiance des citoyens vis-à-vis de leurs institutions et de leurs gouvernants est aussi fort.
Le système politique, quant à lui, semble incapable de répondre aux aspirations citoyennes. L’inertie du cadre institutionnel est forte. Alors que les citoyens approuvent assez largement l’introduction de la représentation proportionnelle ou l’élargissement du recours au référendum, toute réforme significative des institutions semble pour le moment pratiquement impossible.
C’est l’absence de volonté politique réelle en faveur de la transformation de ces mêmes institutions et la crainte de la part de ceux qui sont parvenus au pouvoir selon certaines règles d’en changer qui expliquent ce quasi-statu quo et cette impasse. Au final, tout se passe comme si les dirigeants des partis politiques français avaient fait leur la formule du prince Salina dans le roman le Guépard (1958), de Giuseppe Tomasi di Lampedusa : « Il faut que tout change pour que tout reste comme avant. » (« Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi »)
Nous voudrions pourtant défendre l’idée selon laquelle il…
Auteur: Loïc Blondiaux, politiste, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

