Les climatosceptiques perdent un de leurs plus illustres représentants. Le cofondateur du Front national Jean-Marie Le Pen, ouvertement anti-écologie, est mort le 7 janvier, à Garches (Hauts-de-Seine), à l’âge de 96 ans.
D’abord député, l’homme politique d’extrême droite a été à plusieurs reprises candidat à l’élection présidentielle, allant jusqu’à se qualifier au second tour face à Jacques Chirac en 2002. Il a finalement été exclu du Front national par sa fille Marine en 2016, et a quitté son mandat de député européen en 2020.
Affaibli par un malaise cardiaque en 2023, il s’est depuis fait beaucoup plus discret. Sa vie a été marquée par de multiples polémiques : des accusations de torture pendant la guerre d’Algérie, les chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale qui ne seraient qu’un « détail de l’histoire », le racisme, l’homophobie. Il a aussi multiplié les provocations et les contre-vérités en matière d’environnement.
La crise climatique : une invention des écologistes
Jean-Marie Le Pen a ainsi été un éternel climatosceptique, présentant le changement climatique comme une invention des écologistes destinée à imposer leur programme politique. Leur « catastrophisme », qui s’appuierait « sur l’analyse discutable de phénomènes comme “l’effet de serre” », leur servirait à « imposer des solutions mondialistes, négation de notre civilisation et de notre identité », assurait-il en 2002.
En 2010, lors d’un colloque sur le thème « Réchauffement climatique, mythe ou réalité ? » destiné à dénoncer la « manipulation » du « prétendu réchauffement climatique », Jean-Marie Le Pen fustigeait « l’écologisme, nouvelle religion des bobos gogos ». Un certain nombre de ses saillies climatosceptiques ont été livrées sur Twitter, son réseau social préféré : « Sans le réchauffement climatique on mourrait de froid »…
Auteur: Émilie Massemin, Jeanne Cassard

