Dimanche 27 septembre, la moitié des sièges du Sénat — 178 sur 348 — a été renouvelée, par le vote des « grands électeurs » (formés à près de 95 % par des élus municipaux ou des délégués désignés par les conseils municipaux). Lors des élections municipales de mars, le RN avait fait élire plus de 70 maires et 3 000 conseillers municipaux sur 36 000 communes. Les résultats ont confirmé sa dynamique dans certaines zones rurales : il a remporté 9 sièges, qui viennent s’ajouter à ses trois sénateurs élus en 2023.
Dans le détail, le parti d’extrême droite remporte 2 sièges dans les Bouches-du-Rhône (mais l’ex-RN Stéphane Ravier n’est pas réélu), 2 dans les Alpes-Maritimes, avec l’allié UDR, 2 dans le Var, 1 dans le Vaucluse, 1 dans l’Hérault, 1 dans le Gard, 1 en Gironde, avec la députée Edwige Diaz qui pourrait présider le groupe, et 1 en Seine-Maritime, une surprise.
En Gironde, les différentes listes issues de la gauche et de l’écologie ont pourtant rassemblé près de 43 % des suffrages exprimés. Désunies, elles n’ont obtenu que 2 des 6 sièges de sénateurs de Gironde.
« Nous ne pouvons plus faire comme si notre incapacité à nous rassembler était sans conséquence. (…) Il arrive dans l’Histoire des moments où ce qui nous sépare doit être regardé à la lumière de ce que nous risquons. Nous sommes dans l’un de ces moments », a réagi le député de Gironde, du groupe Écologiste et Social, Nicolas Thierry.
C’est un changement de taille dans les institutions de la Ve République, estime Le Soir : « Bastion historique de la droite, le Sénat faisait figure de dernier verrou institutionnel où l’extrême droite demeurait à la marge », rappelle le quotidien belge, qui y voit « une percée historique, loin d’être anodine dans une chambre de 348 élus qui vote la loi et contrôle le gouvernement ».
Grâce à ce nouveau groupe, le RN jouira de plus de temps de…
Auteur: Laurie Debove
