Dans les salles de réunion et les couloirs feutrés de l’institution centenaire basée à Genève, les discussions ont été intenses. Depuis 1919, l’Organisation internationale du travail (OIT), l’un des tout premiers organismes de la collaboration multilatérale, élabore le droit international, en concertation entre les représentants des États membres, des employeurs et des travailleurs.
Après s’être intéressée aux questions liées au harcèlement au travail (la Convention 190, dans le sillage du mouvement #Metoo) ou encore aux risques biologiques au travail (après l’épidémie de Covid-19), l’institution, qui tient une conférence une fois par an, a adopté le 12 juin 2026 une nouvelle convention pour répondre aux défis de l’époque. Elle porte, cette fois-ci, sur « le travail décent dans l’économie des plateformes ».
Le sujet concerne les 154 millions de personnes qui ont comme activité principale d’être travailleurs pour les plateformes, d’après une étude de la Banque mondiale de 2023, comme Uber, Deliveroo et bien d’autres. Si on ajoute celles qui travaillent ponctuellement dans le secteur, cela représente près de 435 millions de travailleurs dans le monde. Le chiffre augmente d’année en année.
Des entreprises qui façonnent l’avenir du monde du travail
Les discussions ont été intenses, à l’image des enjeux. « On n’était pas certain d’y arriver ! L’opposition à ce traité a été farouche, témoigne Béatrice Lestic, secrétaire nationale de la CFDT, élue déléguée des travailleurs au sein du Conseil d’administration de l’OIT. On partait de loin et on a bataillé pour faire monter ce sujet à l’ordre du jour. Le lobbying des entreprises a été très fort. »
Lors du vote au siège de l’OIT à Genève ce 12 juin – auxquels participent, pour chaque pays, des représentants des États, des travailleurs, et des employeurs – les représentants du gouvernement états-unien ont…
Auteur: Mathilde Dorcadie

