Pour la santé et l'environnement, les Français prêts à moins manger de viande

Manger moins de viande, mais de meilleure qualité. Alors que la polémique sur les menus végétariens dans les cantines scolaires de Lyon se dégonfle, c’est l’aspiration qui ressort d’une enquête Harris Interactive commandée par le Réseau Action Climat (RAC), rendue publique jeudi 25 février. Selon ce sondage, les Français consomment de moins en moins de viande et se soucient de plus en plus de sa provenance et de sa qualité.

Si 96 % des personnes sondées déclarent manger de la viande au moins de temps en temps, elles ne sont qu’une sur trois à en manger tous les jours — principalement les plus jeunes (18-24 ans), les personnes issues des classes populaires et les personnes vivant en province. Surtout, près de la moitié des enquêtés (48 %) déclarent avoir diminué leur consommation de viande au cours des trois dernières années. Ce pourcentage confirme une tendance de plus long terme, puisque la consommation de produits carnés avait déjà diminué de 12 % entre 2007 et 2016, selon le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc). Et la quantité de steak dans les assiettes pourrait encore se réduire : si 60 % des répondants disent que leur régime leur convient, « une personne sur deux ayant déjà réduit sa consommation de viande a l’intention de poursuivre sur cette voie, principalement chez les jeunes, les urbains et les CSP Plus [catégories socioprofessionnelles supérieures] », a indiqué Pierre-Hadrien Bartoli, directeur des études politiques chez Harris Interactive, lors d’une conférence de presse organisée par le RAC le 25 février. Parmi les raisons invoquées pour justifier cette baisse, la santé (pour 43 % des répondants), la nécessité de faire des économies (33 %) mais aussi un souci de bien-être animal (36 %) et de protection de l’environnement (33 %) « principalement chez les plus jeunes », précise M. Bartoli.

Alors, bientôt tous végétariens ? Pas tout à fait. Car une part non négligeable des personnes interrogées ont bien l’intention de réinvestir l’argent économisé dans de la nourriture (pour 42 % des répondants) et en particulier de la viande (32 %) de meilleure qualité : d’origine locale ou tout du moins française — premier critère de sélection —, issue d’un élevage respectueux du bien-être animal et ayant un bon goût. « Ces critères ne sont pas une simple préférence, observe M. Bartoli. S’ils ne sont pas réunis, la personne peut renoncer à son achat. Ainsi, si 69 % des…

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Auteur: Émilie Massemin (Reporterre) Reporterre

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