« On fabrique, on vend, on se paie ». C’était le slogan emblématique des Lip en 1973. Il y a 50 ans à Besançon dans le Doubs, les travailleuses et travailleurs de l’entreprise horlogère occupent leur usine en danger de fermeture et mettent en place un véritable système d’autogestion.
Chomageopoly La lutte des Lip reprend en 1976 lorsqu’un nouveau plan de licenciements se prépare. Pour financer leur projet, les Lip créent et vendent le jeu de société Chomageopoly en 1977. 10 000 exemplaires sont édités. Le jeu est aussi utilisé comme outil de formation de leaders syndicaux.
©Nathalie Quiroga
Refusant le dépôt de bilan, les employés s’emparent de l’usine pour y produire sans les patrons. Pour se payer, ils organisent des ventes sauvages des montres qu’ils assemblent. Ils vendent directement dans les locaux de l’entreprise, mais aussi grâce à des comités de soutien qui apparaissent un peu partout. Le 29 septembre 1973, 100 000 personnes manifestent à Besançon pour soutenir les ouvriers et ouvrières de Lip. Malgré tout, l’entreprise est finalement liquidée en 1977. Les anciens salariés fondent alors plusieurs coopératives dont certaines ont fonctionné plusieurs décennies.
Tout l’automne, des événements sont organisés à Besançon pour commémorer cette aventure ouvrière et autogestionnaire.
– Du 12 octobre au 29 octobre, le festival « Les instants précieux » propose théâtre, danse, débats et conférences, cinéma, salon de lecture, ateliers, concerts, réunis sous un même toit pendant trois semaines, dans le quartier de Palente, où la lutte des Lip a eu lieu. Voir le programme.
– Exposition de photos du conflit issus des archives personnelles de Bernard Faille, alors photographe de l’Est républicain, jusqu’au 30 octobre, à la médiathèque de Besançon
– « Au cœur des Lip ». L’exposition d’archives du conflit retrace la lutte à travers le regard…
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Auteur: Rédaction

