Pour les médias dominants, il y a le bon et le mauvais cocktail Molotov


Analyse d’image et de ce qui en est dit


Des cocktails Molotov lancés en Ukraine en 2014, à Hong Kong en 2019 et en France en 2026. Un seul est considéré comme « violent » dans les médias, saurez-vous le retrouver ?

Le gouvernement et les médias français l’ont dit, répété, ressassé : il s’agit d’une «tentative d’homicide». France Info parle d’un «engin explosif» qui a «touché un policier». C’est la première fois que cette chaîne utilise un tel terme, mais ce n’est pas pour désigner les grenades au C4 de la police, réellement explosives celles-ci, et jetées par centaines sur les manifestants. Les images du cocktail Molotov qui a touché un agent à Paris le 31 octobre tournent en boucle depuis trois jours, occultant la réussite populaire des manifestations, les violences policières et le camouflet qu’a constitué cette journée pour le gouvernement.

Ce narratif s’est accompagné d’invitations de policiers évoquant une «intention de tuer» sur tous les plateaux de télévision, d’une interview en direct de l’agent touché, d’un discours du Ministre de l’Intérieur : bref, d’une quasi-mise à l’arrêt de toute la vie politique et sociale… pour un gendarme qui disait lui-même sur LCI samedi soir n’avoir été que «légèrement blessé».

En d’autres termes, on a plus parlé de ce fameux cocktail que des centaines de manifestant·es gravement blessé·es par la police ces dernières semaines : lycéen·nes éborgné·es, mains arrachées, morceaux de jambes emportés par des grenades, os fracturés à coups de matraque… Jamais aucune chaîne d’info n’a offert aux vies d’enfants brisées à tout jamais par les armes de la police ne serait-ce qu’un centième de l’attention qu’elle a porté à cette flamme de quelques secondes sur une armure.


Mais ce traitement médiatique indécent rappelle surtout que, pour les éditorialistes et les politiciens, il…

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Auteur: B