La responsabilité sociétale et environnementale (RSE) des entreprises est devenue un impératif tant éthique que stratégique. En témoigne leur participation à l’élaboration des Objectifs de développement durable définis par l’Agenda 2030 de l’Organisation des Nations unies et leur engagement croissant à réduire leurs émissions directes de gaz à effet de serre. De plus en plus d’entreprises contribuent pleinement à la lutte contre le réchauffement climatique en développant des stratégies environnementales dont les objectifs vont au-delà des attentes légales et font écho aux préoccupations croissantes de la société.
En réfléchissant ainsi, les entreprises s’engagent aussi pour améliorer leur réputation. La société civile comme les candidats à l’emploi ont tendance à avoir une meilleure opinion et à mieux juger les entreprises qui font des efforts en matière de RSE. Les études en sciences de gestion et en psychologie appliquée montrent également que ces démarches sont une source de fierté et d’identification pour les salariés, lesquels se montrent alors plus impliqués, satisfaits, performants et créatifs dans leur travail.
Nous avons, pour notre part, récemment examiné les sentiments moraux que les salariés peuvent ressentir face aux pratiques de RSE de leur employeur, en particulier l’émotion d’élévation morale.
Pas que des explications égocentrées
Nos deux études quantitatives valident l’argument théorique selon lequel les salariés s’intéressent à la RSE pour des raisons morales. Le fait d’être témoin des démarches de leur employeur, notamment sur le plan environnemental, conduit les salariés à ressentir une émotion positive suscitée par l’observation d’une action vertueuse dont ils ne sont pas les bénéficiaires.
Les salariés interrogés ont ressenti autant d’élévation morale que de fierté à l’égard des actions pro-environnementales de leur employeur,…
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Auteur: Nicolas Raineri, Professeur associé en comportement organisationnel, ICN Business School

