La manifestation du 25 mars contre la méga-bassine de Sainte Soline est d’ores et déjà entrée dans l’histoire. Par son caractère de masse, sa détermination, la radicalité de son contenu politique et de ses formes d’action, elle a ouvert une nouvelle étape des luttes contre le saccage environnemental, la privatisation des biens communs et le modèle agrocapitaliste mortifère.
A n’en point douter, c’est le déploiement de cette force qui explique la sauvagerie inouïe de la répression dont elle a fait l’objet. Dans le contexte d’affrontement social de grande ampleur que vit le pays depuis près de trois mois, cette violence illustre la fuite en avant d’un pouvoir isolé, déterminé à briser les résistances populaires à n’importe quel prix. Mais le gouvernement, par la voix de son ministre de l’intérieur, a décidé d’aller encore plus loin, en annonçant son intention de dissoudre les Soulèvements de la Terre (SLT), le réseau militant qui a été au cœur de cette mobilisation.
Depuis l’annonce de la dissolution, plus de 50 000 personnes dont des centaines de personnalités, syndicalistes, artistes, scientifiques, élu·es et des dizaines d’organisations politiques, associatives et syndicales en France et à l’international ont affirmé leur solidarité au mouvement des Soulèvements de la Terre par un appel « Nous sommes Les Soulèvements de la Terre ».
Contretemps se joint pleinement à cet appel. Mais notre solidarité passe aussi par les moyens qui sont les nôtres en tant que « revue de critique communiste », à savoir ouvrir un débat sur les questions théoriques, pratiques et stratégiques que posent cette expérience militante avec celles et ceux qui en sont les act.eur.ices. C’est l’objectif de cet entretien que deux camarades de SLT, que nous désignons comme X. et Y., ont accordé à Stathis Kouvélakis, membre de la rédaction de Contretemps.
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Les Soulèvements de la Terre, un travail de composition de forces
Pour commencer vous pouvez situer les Soulèvements de la Terre comme espace d’initiative militante ? Plus précisément, quelles sont les diverses expériences que ce réseau a permis de mettre en commun et, surtout, se sont-elles se sont fécondées les unes les autres ? Il me semble en effet que c’est là que résident l’innovation et la spécificité de ce mouvement par rapport à d’autres qui sont intervenus, par le passé ou ailleurs, sur ce terrain.
X. L’assemblée fondatrice des Soulèvements de la Terre (SLT) s’est tenue il y a deux ans sur la ZAD…
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Auteur: redaction

