Parce que tout change, rien ne change. Presque vingt ans après Zyed et Bouna, les séquences se suivent et se ressemblent. Une semaine après le meurtre de Nahel par la police, le garde des Sceaux s’est empressé de pointer du doigt les familles. Cette obsession autour de la prétendue irresponsabilité parentale doit être mise en parallèle avec les politiques publiques d’intrusion dans la vie privée des familles des classes populaires et le paternalisme de l’État. Dernière proposition – discriminatoire : instaurer des horaires scolaires spéciaux dans les quartiers dits sensibles.
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Pour comprendre pourquoi, contrairement aux États-Unis, le racisme en France ne passe pas par la volonté de séparer mais par la volonté d’assimilation par dissolution du soi, il me semble que rappeler l’histoire de la colonie esclavagiste dans la Caraïbe est indispensable. Axe théorique que je développe dans mes recherches pour appréhender l’idéologie universaliste, la République n’est pas seulement au-dessus des lois de Dieu, elle est aussi la fabrique d’un homo res publica postcolonial : capable d’adhérer à l’idéologie républicaine tout en acceptant la permanence de la stratification sociale. Comme l’indique Silyane Larcher, la nouvelle République qui suit la fin de l’Empire en 1870 repose sur l’idée que, « libérés d’un maître, les anciens esclaves, plus que d’autres, ont néanmoins besoin de l’autorité d’un maître ».
Le triptyque paternalisme-racisme-citoyenneté est au centre des débats politiques et médiatiques.
On retrouve dans l’idéologie universaliste et républicaine un mythe anti-aristocratique fondé sur une forte croyance…
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Auteur: Fania Noël

