Pour l'Occident, un Palestinien doit être parfait pour être pleuré

Les Palestiniens doivent être des victimes parfaites.
Irréprochables. Pas de colère, pas de faux pas, pas le moindre droit à l’erreur. Chaque réaction est scrutée, jugée, et le moindre écart sert à justifier leur mort.
À Gaza, le nombre de morts tués par Israël est contesté. Le génocide, pourtant qualifié comme tel par une commission d’enquête de l’ONU, par des organisations internationales et par des spécialistes de la question, reste débattu dans nos médias dominants. Dans les titres de la presse, Israël n’est jamais le meurtrier. Quant aux journalistes palestiniens, qui risquent chaque jour leur vie pour raconter ce qui se passe, leur parole est systématiquement mise en doute.
Et pour que les Palestiniens intéressent un tant soit peu l’Occident, il faut qu’ils aient été exceptionnels, ou qu’ils aient connu une fin d’une violence spectaculaire. Quand Shireen Abu Akleh, journaliste d’Al Jazeera, est tuée, on s’empresse de rappeler qu’elle avait un passeport américain, comme si certaines nationalités avaient le don de rendre une victime digne de compassion. Pendant ce temps, les morts israéliens illuminent la Maison-Blanche et la tour Eiffel.
Ce qu’on retient, ce n’est jamais la brutalité subie, mais la réponse des Palestiniens.
Cette déshumanisation permanente, Mohammed El-Kurd en a fait un livre : Perfect Victims. Poète, journaliste et écrivain palestinien, il a grandi à Jérusalem-Est, dans une famille chassée de sa terre en 1948, puis dépossédée d’une partie de sa maison par des colons.
Son message : il n’a plus à prouver qu’il mérite d’être pleuré. Il refuse de se justifier, de « danser au milieu des mines », comme il le dit, pendant que d’autres s’en remettent à leurs fusils. »

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Auteur: Blast