L’ESSENTIEL
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« Mère du management moderne », Mary Parker Follett (1868-1933) développe les principes d’un management responsabilisant face à l’organisation scientifique du travail de Frederick Winslow Taylor.
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Dans Creative Experience (1924), elle rejette l’idée de la domination et du compromis pour résoudre un conflit, au profit du concept « d’intégration ».
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Son questionnement : comment une action collective est-elle possible sans renoncer à une partie de soi-même ?
Il y a un siècle, Mary Parker Follett, conseillère en management et pionnière de la théorie des organisations, montrait qu’un conflit bien conduit est précisément ce qui produit du nouveau. Encore faut-il renoncer au compromis.
Dans les organisations comme dans la vie publique, nous traitons le conflit comme une anomalie à éteindre. Dans les premières, on cherche à le prévenir, à l’apaiser, à le désamorcer ; on forme les managers à la gestion des tensions comme on forme des pompiers. Dans la vie publique, on déplore la polarisation et l’on appelle au rassemblement. Partout, l’idéal implicite est le même : une collectivité enfin débarrassée de ses divisions, unie autour d’un même projet.
Une pionnière du management, largement oubliée aujourd’hui, proposait pourtant il y a déjà cent ans de renverser complètement cette idée. Née dans le Massachusetts, Mary Parker Follett (1868-1933) se forme à l’Université de Radcliffe puis à Cambridge. Elle commence sa carrière comme travailleuse sociale dans un quartier populaire de Boston, où elle crée des centres communautaires. Elle siège ensuite dans des commissions sur les salaires minimums, avant de devenir, dans les années 1920, une célèbre conférencière des deux côtés de l’Atlantique.
Dans une société états-unienne dominée par la pensée de Frederick Winslow Taylor, beaucoup de ses intuitions – notamment celle de la dimension créative dont nous…
Auteur: Philippe Silberzahn, Professeur, EM Lyon Business School
