Dans un premier temps, j’ai cru que l’experte invitée, Anna Colin Lebedev, sociologue et politologue française d’origine russe, maître de conférences en sciences politiques à l’Université Paris-Nanterre, allait soutenir la comparaison et nous donner les bonnes clés pour comprendre les origines du conflit ukrainien. Mais j’ai commencé à me poser des questions en constatant que le seul historien qu’elle ait cité se trouve être le sulfureux Timothy Snaider, pour qui la politique de Poutine s’assimile aux pratiques d’extermination de masse menées par … Hitler.
Malgré ce patronage douteux, Anne Colin Lebedev a le mérite de rappeler, dans ce premier volet du 16 février, que l’ambivalence des relations entre la Russie et l’Ukraine ne date pas d’hier : si d’une part l’indépendance de l’Ukraine déclarée en 1918 a été sans lendemain du fait de son incorporation dans l’Union soviétique, le nouveau pouvoir a paradoxalement contribué à renforcer le sentiment national ukrainien en y valorisant la langue ukrainienne (interdite du temps des tsars) et en s’appuyant sur les élites locales pour implanter l’idéal communiste.
Je constate avec amusement que son approche hyper-nuancée du courant néo-nazi s’assimilant parfois simplement au courant ultra-nationaliste par rejet de l’URSS rejoint en bonne partie l’analyse de Jacques Baud, lequel est pourtant non seulement sanctionné par l’UE mais de plus blacklisté par nos médias, y compris la RTBF (2) : comprenne qui pourra.
Quoi qu’il en soit de la qualification de cet ultra-nationalisme, il ne fait pas de doute qu’aujourd’hui encore la nostalgie nazie est bien présente dans la société ukrainienne où les criminels Bandera et consorts sont toujours célébrés comme des héros nationaux (3). J’ai peu apprécié qu’Arnaud Ruyssen ne soulève même pas la question ; quelle serait l’attitude de la RTBF si des monuments en l’honneur de Léon…
Auteur: André LACROIX

