En dehors des zones où l’irrigation est possible, les familles sénégalaises comptent sur les cultures pluviales, avec des plantes résistantes à la sécheresse comme le sorgho, le niébé ou bien l’arachide. Stockées dans des greniers attenants aux habitations, les récoltes permettront ensuite de nourrir les foyers tout au long de l’année.
Mais pour remplir les greniers, encore faut-il avoir une récolte. Et pour cela, les cultivateurs doivent articuler précisément leurs calendriers de culture avec celui des pluies : mieux vaut avoir semé avant la première pluie, pour favoriser la germination des grains. Il ne faut pas non plus que les cultures, une fois à maturité, ne séjournent trop longtemps dans un terrain détrempé.
Avec en moyenne 5 à 10 pluies « utiles » par an — précipitations de plus de 20 mm en 24h — réparties sur la courte période de l’hivernage entre juin et septembre, il est vital de bien prévoir le moment des semis et de la récolte, au risque de voir la production de l’année « gâtée » comme on dit localement.
Données de B. Muller, Cirad, 2015, Fourni par l’auteur
Les cultivateurs sénégalais sont organisés de longue date pour prendre leurs décisions. Bien avant que les services de la météorologie nationale ne se développent, des moyens de prévoir le temps ont été imaginés et institutionnalisés. Ainsi, dans certaines régions du Sénégal, une personne aux pouvoirs mystiques s’appuie sur un travail de divination pour anticiper l’année agricole.
Ces références, souvent différentes de celles des météorologues, suscitent l’inquiétude de ces derniers, qui aimeraient être mieux compris, mieux écoutés. Raison pour laquelle certains vont aujourd’hui à la rencontre des habitants en s’intéressant à leurs propres manières de…
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Auteur: Jeanne Riaux, Anthropologue, Institut de recherche pour le développement (IRD)

