Cet article est le premier reportage de notre grande tournée de l’écologie : sept enquêtes de terrain pour explorer les enjeux environnementaux à l’aune de l’élection présidentielle.
Digne-les-Bains, Château-Arnoux-Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) et Veynes (Hautes-Alpes), reportage
À 9 h 39, le train Marseille-Briançon entre en gare de Château-Arnoux-Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), sous un ciel chargé. Le quai est quasiment désert en ce mercredi d’octobre et les trois quarts des sièges sont vides. À bord, on croise surtout des lycéens, quelques trentenaires avec des sacs de randonnée et des personnes âgées.
Vivien, 72 ans, fait partie de ces passagers « qui ont le temps de prendre le train ». Elle rentre chez elle dans le Trièves, près de Grenoble, après avoir passé trois jours à Aix-en-Provence pour voir son dentiste. « Je prends cette ligne environ deux fois par an », explique cette retraitée. Échaudée par de précédents retards qui lui ont fait rater des rendez-vous médicaux, elle prend désormais ses précautions : « Je pars sur plusieurs jours, comme ça, je n’ai pas à m’inquiéter. »
Avec seulement trois allers-retours par jour et environ cinq heures d’attente entre chaque train, la ligne Marseille-Briançon laisse peu de place à l’improvisation. C’est la raison pour laquelle Stéphane, un autre passager, ne l’emprunte qu’« occasionnellement » pour aller travailler. « Il n’y a pas assez d’horaires et trop de retards. Même si, aujourd’hui, il est arrivé à la minute près ! » concède le quinquagénaire. Ce matin, il a laissé sa voiture dans une gare située à 11 km de chez lui. « Je descends à Serres, ensuite on vient aussi me chercher en voiture », dit-il.
Guichets fermés, passagers en déroute
À 10 h 33, le train s’arrête dans un crissement de ferraille à Veynes, cœur battant du réseau ferroviaire des Alpes du Sud. Sur…
Auteur: Baptiste Soubra, Lyse Mauvais
