Vendée, reportage
Sur la longue table, des objets du quotidien sont disposés les uns à côté des autres : un trousseau de clés, un carnet de notes, un nounours en peluche, deux flacons d’eau de toilette. Les fenêtres laissant à peine passer la lumière, si l’on regarde de plus près ces objets d’apparence anodine, on s’aperçoit que le tourne-bouteille est rouillé, le réveil s’est figé à 3 h 50, l’album est parsemé de boue séchée et la photo a été blanchie par le sel. Autant d’indices du drame qui s’est noué dans la nuit du 27 au 28 février 2010 à La Faute-sur-Mer.
C’est dans cette petite commune balnéaire de Vendée que 29 personnes ont perdu la vie lors de la tempête Xynthia qui a fait en tout 53 morts et 500 000 sinistrés sur le littoral atlantique. « La Faute, c’était le paradis sur Terre », dit une femme lorsque l’enregistrement sonore se met en marche. « On a vu l’eau arriver, elle montait très vite, jusqu’à 2 m 40, ça laisse peu de place pour respirer », ajoute un homme, dans le haut-parleur. « On avait l’impression que c’était la fin du monde », se rappelle une autre femme.
Les témoignages audio des sinistrés se succèdent, du lieu idyllique à la nuit d’horreur en passant par les procès, la solidarité autour des rescapés puis l’urgence de se souvenir. C’est tout l’objet de l’exposition « Xynthia, les objets de la mémoire », qui se tient jusqu’au 12 décembre au centre Intermondes de La Rochelle, et qui devrait se poursuivre en itinérance sur le littoral atlantique cet hiver.
« Je les ai retrouvés dans l’eau »
Après plus d’une heure dans la salle à écouter la parole des victimes, on en ressort silencieux, submergé par l’émotion. Puis direction La Faute-sur-Mer, à une cinquantaine de kilomètres de La Rochelle. Depuis sa fusion en 2022 avec L’Aiguillon-sur-Mer, la commune s’appelle désormais…
Auteur: Jeanne Cassard, Noémie Pinganaud

