Tourtouse (Ariège), reportage
À la tombée de la nuit, vers 20 heures, de petits cris résonnent dans l’obscurité. Des ombres virevoltent et sortent à toute allure d’une cavité située sur les hauteurs du village de Tourtouse, en Ariège.
Il est l’heure de se positionner aux abords de la grotte. Thomas Cuypers, chargé de projet chiroptères et milieux souterrains à l’ANA-Conservatoire d’espaces naturels d’Ariège, enfile un casque audio et sort une petite machine. « C’est une BatBox », indique-t-il, alors que des chauves-souris tournoient autour de lui.
« Cela nous permet de détecter les ultrasons qu’elles émettent. En fonction de la fréquence que l’on choisit, nous pouvons identifier les différentes espèces présentes », explique le spécialiste, assis sur un rocher à quelques mètres de l’entrée de la grotte.
À ses côtés, Julie Duhoux, chargée de projet Natura 2000 au parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises, et sa stagiaire Yuna Morel sont également en position, prêtes à déclencher leur compteur dès qu’une chauve-souris passe dans leur champ de vision.
Un bourdonnement émane de la BatBox de Yuna. Deux lampes frontales, posées au sol, offrent l’éclairage tamisé nécessaire pour recenser les chiroptères qui partent chasser.
En Ariège, plusieurs grottes karstiques de ce type abritent des colonies de chauves-souris, et neuf d’entre elles sont classées Natura 2000. Dans ces zones, le parc naturel régional y finance un suivi des populations sur les quatre saisons.
Il y mène aussi des actions de sensibilisation dans les villages alentour et propose des contrats aux agriculteurs et forestiers pour les accompagner vers des pratiques favorables aux espèces. Un arrêté préfectoral interdit par ailleurs l’entrée dans la grotte pendant la période de mise bas, du 1er mars au 30 septembre.
En plus de cette protection, le Conservatoire d’espaces naturels d’Ariège a…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette
