Vanvey, Leuglay (Côte d’Or) et Villars-Santenoge (Haute-Marne), reportage
Lionel Guenin n’a pas que des mots tendres quand il évoque les Parisiens, en particulier ces « cadres enfermés dans leurs bureaux qui décrètent des normes en totale déconnexion avec les réalités du terrain ». La soixantaine, la parole vive et incisive, l’éleveur de chevaux de compétition et agriculteur bio de Haute-Marne participe toutefois à la protection des Franciliens face aux inondations.
En cas de crue de l’Ource, un affluent de la Seine qui serpente sur ses terres, ses prairies seront totalement inondées. Autant d’eau qui ne déferlera pas sur Châtillon-sur-Seine, Troyes et Paris, située 250 km en aval. Ce n’était pas le cas il y a quelques mois encore quand Damien Dondaine, technicien de l’Établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau (Epage) Sequana — qui gère le bassin-versant de la Seine et de l’Aube dans une zone entre la Côte-d’Or, la Haute-Marne et l’Yonne — est passé par là.
Aplanissement des berges, retour au tracé initial du cours d’eau… il a proposé à l’agriculteur de retravailler les berges de la rivière sur 400 mètres afin de créer sur ses terres une zone d’expansion des crues (ZEC), un espace naturel sur lequel la rivière peut déborder librement et ainsi réduire la quantité d’eau qui s’écoule vers l’aval. Si l’eau peut désormais envahir jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres de hauteur ce fond de vallon, les villes et villages en aval devraient, eux, être épargnés, ou a minima moins touchés. Cela réduira la zone de pâturage des chevaux de Lionel, mais ses autres activités agricoles, établies ailleurs, ne seront pas touchées.
Ainsi, la contribution des agriculteurs et propriétaires terriens qui s’engagent le long du cours d’eau se fera sentir jusqu’à la capitale, voire jusqu’à l’estuaire de la Seine. Preuve de l’intérêt du…
Auteur: Mathieu Génon, Violaine Colmet Daâge

