Cette année de campagne sera aussi l’anniversaire des dix ans du mouvement MeToo. C’est donc l’occasion d’en tirer un bilan critique, pour réorienter notre action politique. L’omerta qui pouvait régner dans certains milieux a été levée. MeToo a permis de démontrer la violence là où certains pensaient voir de la sexualité, des affaires privées, des drames à régler de façon confinée. Parler n’expose plus nécessairement à une éjection du groupe social. En revanche, dire que cette capacité de nommer a atteint toutes les situations serait mensonger : dès lors qu’on se trouve dans un groupe qui n’appartient pas à l’hégémonie, parler reste une affaire qui expose.
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Pour les lesbiennes, par exemple, subsiste une difficulté à parler des violences intracommunautaires, alors même que l’image du groupe est à préserver d’un monde extérieur violent. Il en est probablement de même dans les groupes de personnes victimes de racisme, de classisme. Cela signifie-t-il que le mouvement MeToo doit être approfondi, ou que ses méthodes doivent être modifiées ? La seconde hypothèse doit être privilégiée : forcer les gens à parler ne peut être la bonne méthode et quand le silence perdure, c’est alors que le cadre n’est pas le bon.
MeToo a tout de même vu l’émergence d’une nouvelle force incarnée par des féministes en politique et des activistes qui ont su travailler ensemble, dans et hors de l’Hémicycle. Les effets produits ont été spectaculaires : la constitutionnalisation de l’IVG, l’adoption de l’initiative citoyenne européenne « Ma Voix, Mon Choix » sur l’IVG en Europe, sont nées de cette solidarité nouvelle, de ces nouveaux rouages efficaces, qui restent à…
Auteur: Toni Viot

