Pour qu’il n’y ait plus de victimes, rompre avec le punitivisme

Le sort de Lyhanna Rameau Bernard nous oblige à regarder au-delà de l’émotion et de la surenchère pénale : si nous voulons protéger les enfants, nous devons transformer les rapports sociaux qui rendent possibles les violences.

L’affaire Jérôme Barella : un révélateur des violences systémiques

La mort de Lyhanna Rameau Bernard a provoqué une onde de choc nationale. Le 29 mai, cette enfant de onze ans a été enlevée, violée puis assassinée. Son corps n’a été retrouvé qu’une semaine plus tard. Bien qu’alertées à de multiples reprises, les institutions n’ont donné aucune réponse cohérente. Les services sociaux avaient été saisis, la justice informée, l’école était inquiète. Pourtant, rien n’a permis d’empêcher sa mort. Le principal suspect inculpé pour le meurtre de la collégienne, Jérôme Barella, un homme de 41 ans, avait déjà fait l’objet de deux plaintes pour viol sur mineures, et son épouse a depuis porté plainte contre lui pour viol et violences conjugales.

Comme souvent, les responsables politiques tentent de se décharger de toute responsabilité en parlant d’un drame isolé et en rejetant la faute sur le corps judiciaire, en l’occurrence la magistrature.

Malheureusement, la mort de Lyhanna n’est pas une exception. Elle est le symptôme d’une négligence systémique organisée par l’État à travers des coupes budgétaires, la saturation des services publics et l’insuffisance chronique des dispositifs de prévention et de protection, que les associations et les victimes dénoncent depuis des années. Elle met également en lumière un système de domination qui place les adultes dans une position d’autorité absolue sur les enfants et, plus largement, une organisation sociale fondée sur leur subordination et sur l’appropriation du corps des enfants par leur famille. C’est précisément sur cette asymétrie que reposent de nombreuses violences sexuelles, et en particulier l’inceste.

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Auteur: camille varso