Recrutements décalés, aides à la formation rabotée… Pour respecter son engagement à redresser des finances publiques dégradées, le gouvernement français va opérer des coupes claires dans les dépenses publiques en 2024, sur fond de crainte d’une dégradation de sa notation financière.
A total, ce sont 10 milliards d’euros d’économies supplémentaires qui ont été annoncées pour cette année afin de tenir l’objectif d’un déficit public à 4,4% du Produit intérieur brut (PIB), face à une prévision de croissance abaissée à 1% dans un contexte géopolitique tendu (contre 1,4% espéré précédemment et après 0,9% en 2023).
« Le ralentissement économique, c’est le prix à payer de la victoire contre l’inflation », a estimé le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, évoquant lundi devant la presse les taux d’intérêt élevés décidés par la Banque centrale européenne (BCE) pour lutter contre la surchauffe des prix.
Ce nouveau serrage de vis s’ajoute aux 16 milliards d’économies déjà inscrites dans le budget pour 2024, provenant pour l’essentiel de la suppression du bouclier énergétique. Il intervient avant la décision très attendue des principales agences de notation au printemps sur la note de la dette française.
Il s’agit, selon Bruno Le Maire, de faire preuve de « responsabilité », alors que le gouvernement exclut catégoriquement toute hausse d’impôts pour compenser de moindres recettes.
Le verdict de Fitch et Moody’s est attendu le 26 avril, celui de S&P Global Ratings le 31 mai, juste avant les élections européennes. Une dégradation serait un mauvais signal pour la France, actuellement au rang des mauvais élèves européens en terme de bonne tenue des finances publiques.
Signe de la difficile équation budgétaire à laquelle est confronté l’exécutif, une source à Bercy a signalé lundi qu’il serait « probablement difficile de tenir » l’objectif d’un déficit à 4,9% du PIB pour…
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