Cap-Ferret (Gironde), reportage
Il est à peine 8 heures, les premiers rayons du soleil percent la nuit noire. À bord de l’Ex-Nihilo, Olivier Argelas et ses matelots ont quitté le port depuis deux heures déjà. Postés les uns à côté des autres, ils remontent le filet de pêche et avec lui des soles, des seiches et quelques araignées de mer qu’ils trient à la main. Au-dessus de leur tête, deux grands cerfs-volants noirs, imitant des rapaces, flottent dans les airs. « Le but est de dissuader les oiseaux marins de s’approcher du bateau pendant la pêche », résume le capitaine.
En France, des dizaines de milliers d’oiseaux marins sont tués chaque année au large des côtes lors de captures accidentelles : en plongeant pour attraper du poisson, ils se retrouvent accrochés dans les engins de pêche. C’est notamment le cas du fou de Bassan, du guillemot de Troïl, et, près du bassin d’Arcachon, du puffin des Baléares, classé en danger critique d’extinction et considéré comme l’oiseau marin le plus menacé d’Europe. « La population mondiale du puffin des Baléares n’est plus que de 25 000 individus, et elle décline de 14 % par an. On sait aujourd’hui que ce déclin est causé en majorité par des captures accidentelles », explique Adrien Lambrechts. Il est l’animateur du plan national d’action en faveur du puffin des Baléares à l’Office français de la biodiversité (OFB), qui a pour but d’enrayer le déclin de l’espèce.
« La population mondiale du puffin des Baléares n’est plus que de 25 000 individus »
En 2021, un premier programme d’observation mené par l’OFB à bord des bateaux de pêche tentait de rendre compte des interactions avec le puffin et de faire prendre conscience du problème à la profession. Adrien Lambrechts a également emmené des pêcheurs français — dont le capitaine Olivier Argelas — au Portugal, à la rencontre de leurs homologues qui testent…
Auteur: Amandine Sanial
