Le canal du Panama face à la sècheresse
Construit en 1904 et opérationnel depuis 1914, le canal de Panama, long de 80 kilomètres, permet de relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique en huit à dix heures, évitant plusieurs semaines de trajet par voie maritime traditionnelle. Ce passage stratégique concentre chaque année 2,5 % du commerce maritime mondial – permettant le transit de 14 000 navires – et représente 3,1 % du PIB du Panama.
Pourtant, cette infrastructure clé est aujourd’hui gravement menacée. Son fonctionnement repose sur un système d’écluses gigantesques qui nécessitent d’énormes quantités d’eau douce. Chaque transit consomme environ 200 millions de litres d’eau, en grande partie rejetés dans la mer. Deux réservoirs artificiels, le lac Gatun et le lac Alajuela, alimentés par les précipitations, assurent non seulement le fonctionnement des écluses, mais aussi l’approvisionnement en eau potable des populations riveraines.
Cependant, en 2023, le phénomène climatique El Niño a provoqué une sécheresse historique, la troisième plus sévère des 110 ans d’existence du canal. En octobre, la réduction drastique des précipitations a entraîné une chute du trafic maritime, passant de 36 transits quotidiens à seulement 15. Plus de 160 porte-conteneurs se sont retrouvés en attente, causant des embouteillages maritimes ainsi que des pertes économiques majeures.
Diagramme illustrant la disposition du canal de Panamá – Crédit : Wikimedia Commons
Le projet Rio Indio : une solution controversée
Face à l’urgence, le gouvernement panaméen défend un projet de réservoir sur le Rio Indio, qui endiguerait la rivière Indio toute proche. Après avoir endigué la rivière, le projet prévoit de creuser un tunnel de montagne de 8km reliant le nouveau réservoir au lac Gatun, qui alimente le canal en eau.
Ce barrage, de 840 mètres de long et 80,5 mètres de haut, pourrait fournir jusqu’à 15…
Auteur: Joanna Blain

